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Ne pas voir pour ne pas savoir

9 février 2007 40 vues Aucun commentaire

Il est toujours hautement enrichissant de s’atteler à la lecture des rapports de notre représentation nationale. Toujours à la recherche de chiffre sur l’importance de la prostitution des enfants en France, je relève dans le Rapport d’Information par la mission d’information commune sur les divers formes de l’esclavage moderne que 35 cas « d’exploitation de mineurs à des fins pornographiques » sont officiellement reconnus en France en 2000, soit 1 cas pratiquement tous les 10 jours. Un chiffe à retenir.

On remarquera que le procureur de Marseille finit, du bout des lèvres, par reconnaître, l’existence, en 2000, de prostitution d’enfants à Marseille. C’est déjà un premier pas qui est suffisamment rare, même au sein des magistrats, pour être ici salué. La tentation de vouloir dénier l’existence du phénomène est toujours là ; l’horreur nous paraît toujours tellement incroyable, comme irréel…. Comme s’il nous fallait farouchement préserver un sanctuaire intérieur, plutôt que d’envisager, ne fusse que la possibilité d’une profanation.

On peut également s’interroger sur le niveau de conscience du réel, qu’a le préfet Dassonville. Que veut-il dire par « finir » ? (par « être pris en main »….). J’y vois, pour ma part, comme une sorte de démission, de constat d’incapacité, parfaitement insupportable à un pareil niveau de responsabilité et de pouvoir au sein de l’administration. Nous ne payons pas des préfets pour nous entendre dire, qu’à leur avis, « la situation ne durera pas éternellement ». Nous leur demandons d’agir. En l’occurrence, a t il jamais pu, ne serait ce qu’envisager, l’insupportable de l’éternel de chacun des instants d’horreur que vit un enfant quand il est violé ? On peut supposer que si tel était le cas, son action aurait été plus vigoureuse. En définitive, son discours semble plutôt refléter une grande méconnaissance du problème, associée à une volonté farouche de préserver le déni.

Il nous faut donc parler, encore et encore. La parole est notre seul outil pour tenter d’ouvrir les consciences sur l’horreur que nous infligeons, tous, collectivement, à nos enfants en refusant de leur accorder, dans les faits, la protection qui leur est dûe.

Protéger l’enfant est un devoir. Transmettez nous ainsi qu’à la police toute information sur d’éventuels faits de prostitution d’enfants dont vous pourriez avoir connaissance. À Marseille, comme ailleurs. Vous taire, c’est être complice.

Extraits du Rapport d’Information par la mission d’information commune sur les divers formes de l’esclavage moderne

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En effet, pour un réseau découvert par la police, à l’instar de celui démantelé dans le cadre de l’opération « Forum 51», on peut légitimement s’interroger sur le nombre de ceux toujours actifs mais inconnus : ce « chiffre noir », pour utiliser un vocable policier, semblant excéder de beaucoup celui des faits constatés.

Ainsi, selon les informations communiquées par le ministère de l’Intérieur, en 2000, 35 faits d’exploitation de mineurs à des fins pornographiques ont été traités par les forces de police, sans qu’il s’agisse spécifiquement de faits commis sur Internet. Ces chiffres semblent particulièrement modestes lorsqu’on les compare à ceux transmis à la Mission par M. Giuseppe Magno, chef du département de la justice des mineurs au ministère de la justice italien, alors que rien ne laisse supposer que la France soit particulièrement épargnée par ce phénomène révoltant.

Selon ce magistrat, depuis l’entrée en vigueur de la loi du 3 août 1998 et jusqu’au 31 mai 2001, 482 personnes ont été mises en cause pour des faits de pédopornographie sur Internet dont 56 ont été soumises à des mesures restrictives de liberté. En outre, pendant cette même période, 376 perquisitions ont été réalisées, 4 783 sites ont été contrôlés et 1 382 dossiers ont été traités.

Ces différences considérables de statistiques entre nos deux pays laissent, pour le moins, perplexe.
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En effet, comme l’a confirmé M. Francis Fréchède, procureur de la République près le tribunal de grande instance de Marseille, « on parle beaucoup de prostitution de mineurs, notamment dans le centre ville de Marseille et dans les environs de la gare Saint-Charles. Le phénomène nous inquiète un peu, sans que l’on connaisse son ampleur. Les services de police assurent qu’il n’existe pas de véritables réseaux de prostitution de mineurs. S’il n’y a pas de réseaux à proprement parler, reste qu’il existe un phénomène de prostitution dont les mineurs sont victimes et qu’un certain nombre d’adultes en tirent profit. ».

Pour sa part, le préfet délégué pour la sécurité et la défense de Marseille, M. Yves Dassonville, estime que, pour le moment, les jeunes errants « travaillent pour eux-mêmes ». Cependant, ajoutait-il, « à mon avis, cette situation ne durera pas éternellement et ils finiront par être pris en main. ».

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