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Didier Bourguet fonctionnaire de l’ONU et membre de la MONUC est mis en examen pour viols sur mineurs de moins de quinze ans

9 septembre 2008 438 vues Aucun commentaire

Didier Bourguet, fonctionnaire de l’Organisation des Nations Unies (ONU), et membre de la MONUC (Mission des Nations Unies en République Démocratique du Congo), est mis en examen pour viols, notamment sur mineurs de moins de quinze ans, atteintes sexuelles sans violence, menace ou surprise sur mineurs de moins de quinze ans, corruption de mineurs notamment de moins de quinze ans, et détention d’images de mineurs à caractère pornographique.

Ce dernier intègre l’ONU le 15 mars 1994, et se déplace en République centrafricaine ainsi qu’au Congo afin d’effectuer ses missions.

Pris en flagrant délit le 23 octobre 2004 avec une mineure âgée de 12 ans par la police consulaire, Didier Bourguet est alors arrêté. L’ambassade de France à Kinshasa (République démocratique du Congo) informe les autorités qu’un membre de l’ONU en poste au pays a commis des viols notamment sur des mineures de 15 ans et qu’il est rapatrié en France.

Lors de son audition par la Brigade de protection des mineurs de Paris, il a reconnu avoir eu des relations sexuelles contre rémunération avec 23 mineures âgées de 12 à 17 ans, entre le 18 juin 1998 et le 23 octobre 2004, en République Centrafricaine et en République Démocratique du Congo.

Il a indiqué avoir utilisé, pour entrer en contact avec les mineures, des intermédiaires locaux dont certains faisaient partie de l’ONU. Il a expliqué ses actes par l’intensité de ses besoins sexuels. (Il a également, à une reprise, obtenue une fellation d’un adolescent mais n’avait pas apprécié cette expérience).

Les relations comportaient des pénétrations vaginales, anales, fellations et diverses caresses. Il prenait également des photos et des vidéos pendant ses relations sexuelles pour les transférer sur son ordinateur. Celui-ci fut saisi à son domicile par les autorités locales et les services de sécurité de l’ONU ainsi que la carte mémoire de son appareil photo numérique, 4 disques durs, des DVD et 4 disquettes ZIP.

Sa femme déclarera également à la police avoir vu sur l’ordinateur de son conjoint des scènes pornographiques, certaines avec la nièce de cette dernière lui pratiquant une fellation.

C’est la première fois qu’une information judiciaire est ouverte à l’encontre d’un français membre de l’ONU pour viols, viols sur mineurs de 15 ans, atteintes sexuelles sur mineurs de 15 ans, corruption de mineurs notamment de moins de de 15 ans, détention d’images de mineurs à caractère pornographique.

Sur le plan psychiatrique, Didier Bourguet n’a pas d’anomalies mentales. En ce qui concerne le plan psychologique, il est décrit comme ayant une personnalité égocentrique, rigide, avec un investissement affectif et émotionnel primaire. Enfin, sur le plan sexuel, une tendance pédophilique non exclusive et une attirance marquée pour les jeunes adolescentes d’origine africaine (hébéphilie) est retenue.

Au cours du procès, M. Bourguet se présentera comme quelqu’un de solitaire, avec un manque d’estime de soi, ayant été « victime de l’Afrique ». N’ayant connu que très peu de relations sentimentales et sexuelles, et pour l’essentiel matérielles, son arrivée en Centrafrique marque une abondance de ces relations, créant chez lui une certaine addiction.

Dès le début de l’audience, Didier Bourguet contestera l’absence de consentement des mineurs.

Notons que le viol, prévu à l’article 222-23 du code pénal, est constitué deux éléments. D’une part, il faut qu’il y ait un acte sexuel de pénétration, et d’autre part une absence de consentement, ce dernier élément étant constitué de quatre éléments non cumulatifs que sont la violence, la contrainte, la menace et enfin la surprise. Une circonstance aggravante est évidemment prévue lorsque les victimes sont des mineurs de quinze ans.

Par cette contestation, il a tenté de requalifier les faits reprochés. Quand bien même il n’affirme pas avoir usé de violence ou de menace, il paraît assez évident que le prétendu consentement des fillettes a été contraint par le contexte économique des pays dans lesquels se sont déroulés les faits.

12 ans d’emprisonnement ainsi que 8 ans d’obligation de soin (suivi socio-judiciaire), et une peine complémentaire de 3 ans sont requis par l’avocat général.

A la suite de la mise en délibéré de la décision de justice, la Cour s’est prononcée sur la culpabilité et la peine de Didier Bourguet.

Sur vingt trois, deux viols et une agression sexuelle ont été reconnus par la Cour. En effet, le manque de preuve lié à l’impossibilité de retrouver les victimes sur place a rendu délicate la reconnaissance d’autres faits.

9 ans de prison ainsi que 8 ans d’obligation de soin (suivi socio-judiciaire), et 3 ans de peine complémentaire ont été prononcés à l’encontre de Didier Bourguet.

Aucun moyen n’étant actuellement disponible pour mettre en place le suivi socio -judiciaire, la question de son utilité reste aujourd’hui en suspend.

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  1. NouvelObs.com

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