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TEMOIGNAGE « En Asie, la question du tourisme sexuel s’est imposée à moi »

18 février 2010 382 vues Aucun commentaire

En voyage depuis plus de deux mois dans la région du sud-est asiatique, la question du tourisme sexuel s’est imposée à moi plus d’une fois.

Dès le premier jour à mon arrivée sur Bangkok en Thailande, alors que j’attendais une personne que je devais rencontrer dans un bar, je me suis fait prendre à parti par une demoiselle qui a souhaité « que je la suive pour prendre un verre et s’amuser ». Les bases étaient posées …

Au cours des soirées passées là-bas, des prostituées ivres avaient aussi pour habitude de me proposer de me rendre chez-elles.

Au Vietnam, je n’ai pas assisté directement au phénomène de prostitution. Par contre au Laos et dès les premiers jours, j’ai vu nombre de prostituées (demoiselles comme lady boys) accompagnées d’occidentaux, et ce bien que nous soyons dans le coin le plus touristique de Vientiane. Le plus ironique est que ce matin même, j’avais pris une brochure précisant l’interdiction des relations sexuelles entre occidentaux et Laotiens.

Au Cambodge, j’ai été très étonné de voir le nombre d’écriteaux « Protect Our Children » visant à lutter contre le tourisme sexuel et notamment infantile. Je n’ai pas eu beaucoup l’occasion de voir de la prostitution, même si je soupçonne certaines demoiselles de m’avoir fait des « avances ». Je garde cependant cette image en tête : le 31 décembre au soir , assis dans un bar et sirotant une bière, je vois un vieil occidental sur un scooter avec un gamin sur les genoux. J’ai eu par la suite l’occasion de parler du tourisme sexuel avec d’autres français qui m’ont confirmé avoir vu également des occidentaux avec des mineurs. Mais ils m’ont aussi rappelé qu’au Cambodge, les adoptions d’enfants étaient fréquentes. Dans ce genre de cas, difficile de savoir s’il s’agit de tourisme sexuel ou d’une réelle volonté d’adoption, d’autant plus que derrière cette noble initiative se dissimule bien trop souvent ces abus. J’ai eu par ailleurs l’occasion à Phnom Penh d’aller voir la fondation Our Home dirigée par M.Hang Vibol. Il nous a présenté son centre d’accueil pour les enfants. Dans ce foyer, on trouve 128 anfants, dont 30% d’entre eux sont victimes d’exploitation sexuelle et de pédophilie perpétuées, aussi bien par des touristes que par des locaux, le phénomène semblant s’accroître au Cambodge.

Globalement je peux dire que tous ces phénomènes touchant aussi bien des adultes que des enfants existent bel et bien dans ces pays, mais de façon plus ou moins visibles selon les lieux et l’heure à laquelle on peut s’y rendre. A mes yeux et au bout de deux mois de voyage, Kaoh San Road à Bangkok est sûrement le lieu le plus « dépravé » que j’ai eu l’occasion de voir.

Jérôme Lallemand, 22 ans.

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