Gambie : de plus en plus de femmes touristes sexuels
Gigolos: à consommer sur place ou à emporter
Auteur de l’article : Delphine Barrais
Date : 26 mars 2010
Source : www.jeuneafrique.com
Ils sont jeunes, beaux et ont besoin d’argent. Elles sont seules, en quête d’attention et plus si affinités. Ils se retrouvent sur les plages, et finissent parfois ensemble en Europe.
Extraits :
» Avoir les faveurs de l’une de ces touristes, c’est accéder à l’un des quatre V : « villa, voiture, virement, visa ». « Je suis avec les Blanches pour l’argent », admet Boubacar, 27 ans et en quête d’une relation sérieuse depuis cinq ans. « Ici, il n’y a pas de boulot, et nous ne pouvons rien espérer d’autre. Je veux épouser une Blanche pour me tirer d’affaire et aider la famille. » En ligne de mire : un billet pour l’Europe.
« Le tourisme sexuel existe depuis toujours, indique le patron d’une des discothèques de Sénégambia, un quartier de Banjul, mais j’ai l’impression qu’il a pris une certaine ampleur depuis quelques années. » Le nombre de touristes qui arrivent avec l’idée précise de s’offrir une aventure exotique est de plus en plus important. Selon une étude de l’Unicef, environ 10 % des touristes cherchent une aventure sexuelle, soit plus de 80 millions de voyageurs. En Gambie, 70 % des touristes, selon une enquête auprès du personnel hôtelier, auraient le sexe pour principal motif de voyage.
Choisir la facilité
« Bien qu’encore marginal, le tourisme sexuel féminin augmente en Gambie, au Sénégal, en République dominicaine et en Jamaïque, où les femmes représenteraient jusqu’à 20 % des touristes sexuels, contre 5 % à 6 % dans le reste du monde », écrit la sociologue Mélanie Claude dans Prostitution et traite des êtres humains, paru en 2009.
[...] Vu la manne financière de ce genre de tourisme, les pouvoirs publics ferment les yeux. « Je paie de nombreuses taxes à l’État, qui n’hésite pas à œuvrer en notre faveur », explique le patron de la discothèque à Sénégambia.
[...] Il n’y a pas que les professionnels du tourisme qui profitent de cette nouvelle clientèle. Les marabouts, également, consultés par les bumsters pour envoûter les toubabs, se frottent les mains. « Nous avons un pic de fréquentation à la saison touristique », reconnaît un de ces faiseurs de charmes. Bénéficiaire aussi, la famille, parfois même la petite amie, l’officielle. Celle qui un jour sera l’épouse et surtout la mère. Plus âgée, l’Européenne n’est pas une concurrente, elle ne donnera vraisemblablement pas de descendance. »
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