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FAQ

Cette Foire aux Questions a pour objectif d’éclaircir un certain nombre de questions que vous vous posez peut-être au sujet de notre association ou de la Prostitution des Enfants. Ne pouvant être totalement exhaustif, n’hésitez donc pas à nous contacter si vous avez des questions particulières à nous poser.

L’ACPE intervient-elle sur le terrain ? Non, l’ACPE n’intervient pas sur le terrain, en revanche nous soutenons des foyers à Manille aux Philippines et au Guatemala qui, eux, accueillent et prennent en charge les enfants victimes de prostitution. Le personnel des foyers n’a pas non plus d’actions directes dans les lieux de prostitution, c’est normalement le travail de la police car cela est très dangereux. Les travailleurs sociaux des foyers vont dans les rues afin de nouer des contacts avec les enfants qui ont recours à la prostitution pour survivre. Peu à peu, en gagnant leur confiance, ils les engagent à venir au foyer.

Qui finance l’ACPE ? Nos actions sont financées par les cotisations de nos adhérents, quelques dons de particuliers et des subventions publiques pour des projets précis que nous devons chaque fois présenter selon un cahier des charges bien argumenté. Il est très difficile d’obtenir des subventions publiques et notre situation financière est toujours très précaire.

Quels sont les principaux obstacles que vous rencontrez ? Le principal obstacle rencontré lors de la création de l’ACPE a été l’incrédulité des gens devant ce phénomène très choquant qu’est la Prostitution des Enfants. On ne voulait ou ne pouvait pas y croire, c’était des « histoires de journalistes ». D’une façon générale, changer les mentalités, faire évoluer les comportements et lutter contre ce qui peut sembler être la fatalité demande beaucoup de persévérance. Trouver des financements est une autre bataille.

Pour les gens de terrain les obstacles sont, entre autre, d’arriver à gagner la confiance des enfants pour qu’ils viennent et restent dans les foyers, quittent la drogue, acceptent de vivre selon certaines règles… Ils doivent agir sans susciter les représailles des proxénètes, obtenir que la police ait un comportement humain envers les enfants et qu’ils soient envoyés dans les foyers plutôt qu’en prison. Avoir de l’argent pour que leur action s’inscrive dans la durée… Il leur faut également une grande force morale pour supporter la dureté des situations auxquelles ils sont confrontés et pour ne pas considérer l’échec éventuel de la prise en charge d’un enfant comme un échec personnel.

De quels soutiens disposez-vous ? Les soutiens sont soit particuliers, par les dons, le bénévolat, soit politiques, quand des décideurs s’intéressent suffisamment à la cause pour porter le problème devant les instances et représentations nationales, de sorte que des lois soient votées,condamnant le tourisme sexuel et les clients. En France, la loi d’extraterritorialité a été votée en 1994, elle permet de juger en France des français qui ont commis à l’étranger des violences sexuelles sur des mineurs, qu’il y ait eu ou non rémunération.

Quels sont vos besoins ? Nos besoins les plus pressants sont financiers et humains. Nous avons besoin de bénévoles qui puissent s’investir régulièrement, nous avons besoin de décisions politiques, pour nous aider à mettre en œuvre des programmes de prévention dans tous les secteurs identifiés comme potentiellement porteurs de clients de la Prostitution des Enfants.

Quelles sont vos principales actions ? Nous menons sans cesse des actions d’information et de sensibilisation sur l’exploitation sexuelle et commerciale des enfants, principalement dans les collèges et lycées, par l’intermédiaire de conférences, avec comme support notre exposition « Briser le mur du silence », des films « Clients de la prostitution », « Enfance et prostitution au Guatemala ». Nous travaillons toujours sur la préparation de campagnes adaptées aux divers publics que nous voulons toucher – par exemple campagne Médecins, 2002/2003. L’ACPE mène son action essentiellement en France, s’efforce d’aborder le problème du client qui est le premier dans les causes de la prostitution des enfants, soutient des foyers d’accueil d’enfants victimes de la prostitution à l’étranger.

Comment démanteler un bordel ? Pour être tout à fait exact on ne parle pas de démantèlement de bordels mais de démantèlement de réseau. Concernant les « bordels », ils sont fermés dans le meilleurs des cas, mais le plus souvent ils sont tolérés, et même protégés, par une police trop souvent corrompue. Il faut qu’il y ait une véritable volonté politique afin que les lois concernant l’exploitation sexuelle et commerciale des enfants soient votées et appliquées. Le sauvetage d’enfants enfermés dans des bordels résulte parfois d’un travail conjoint entre les autorités et les ONG qui reçoivent des informations et mènent des enquêtes, en essayant de se faire passer pour des clients et de constater de cette façon la présence d’enfants. C’est évidemment un travail dangereux car l’enfant a une valeur marchande pour les proxénètes et autres tenanciers de bordels.

Que propose-t-on aux enfants dans les foyers ? Le plus souvent, il leur est proposé un suivi scolaire, une formation professionnelle, des programmes anti-drogue, des ateliers artistiques, un soutien psychologique, des cours d’éducation sanitaire et sexuelle… Si la famille n’est pas impliquée dans le fait que l’enfant ait été prostitué, celui-ci est, dans toute la mesure du possible, rendu à sa famille. Il existe maintenant des programmes pour favoriser ce retour et assurer qu’il se passe, à court comme à long terme, dans les meilleures conditions. C’est une situation délicate du point de vue économique, car les conditions de vie des familles sont très précaires, et du point de vue humain car, sachant que l’enfanta été prostitué, la famille et le reste de la communauté le réintègrent difficilement.

Qu’est-ce-qui rend la prise en charge des enfants prostitués si difficile ? Malheureusement, un enfant prostitué, bien que ce soit un enfant, est souvent considéré comme coupable, et non comme victime.Ainsi la police maltraite les enfants au moment des arrestations. Leur réintégration dans la communauté dont ils sont issus est également difficile car, là encore,ils sont stigmatisés. De plus, ils se vivent eux-mêmes comme responsables de ce qui leur est arrivé. Un enfant prostitué n’a plus aucune estime de lui-même. D’autre part, le statut de l’enfant, la reconnaissance de sa valeur, varie d’un pays à l’autre et détermine le degré d’attention qu’on lui porte. La question de la définition de l’enfant, notamment en terme d’âge, a rendu les négociations entre États concernant la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, très difficiles. Bien que les garçons ne soient pas épargnés par la prostitution, les fillettes sont tout particulièrement objet de discrimination. Une fille, une femme, dans trop de pays encore, est considérée comme inférieure à un garçon et de moindre valeur.

Les choses ont-elles évoluées depuis le Congrès de Stockholm ? Depuis Stockholm, il y a eu d’autres projets d’accueil mis en place pour les enfants. A notre niveau, nous avons développé nos actions d’information,de sensibilisation auprès des jeunes pour qu’ils ne deviennent pas clients.Depuis ce congrès, il y a eu une véritable prise de conscience internationale qui a abouti à l’adoption d’un plan d’action par un nombre croissant de pays. Ce plan prévoit, entre autre, l’adoption de lois extraterritoriales. C’est le changement majeur de ces dernières années, en tout cas en Europe,car c’est le principal outil, au niveau juridique, dont nous disposons pour condamner, non plus seulement verbalement et moralement mais aussi dans les faits, le tourisme sexuel impliquant des enfants.Le dernier congrès de Yokohama a permis de dresser le bilan des actions entreprises depuis Stockholm et de réaffirmer les priorités pour les années à venir.

Y a-t-il eu des procès pour tourisme sexuel en France ? En France, en 1997, l’ACPE a été la seule association à se porter partie civile dans le procès de Draguignan qui a permis d’appliquer pour la première fois en France la loi d’extraterritorialité de 1994. En 1998, cette loi a été modifiée, la peine applicable est maintenant de 10 ans de prison et de1 million de francs (150 000 euros) d’amende en cas d’atteinte sexuelle commise à l’étranger sur un enfant. On peut donc parler d’une augmentation des peines applicables et du nombre de procès, dans la mesure où, le problème n’étant pas reconnu auparavant, il n’y avait ni procès ni condamnation.

Existe-t-il une prostitution de mineurs en France ? Oui, effectivement, des mineurs sont prostitués en France (8000, estimations de 2003, 84 cas selon la Police à Paris en 2003, 164 cas recensés à Paris selon la Préfecture de Police en 2001). Il s’agit soit de mineurs français soit de mineurs clandestins, qui arrivent en France dans le cadre d’un trafic plus ou moins organisé, depuis l’Europe de l’Est et l’Europe orientale, mais aussi d’Afrique, en particulier des pays ravagés par la guerre civile. Depuis peu la France a renforcé son système législatif concernant la prostitution des mineurs. La loi du 04 mars 2002 relative à l’autorité parentale stipule que :. La prostitution de mineurs est interdite sur le territoire français . Le client est également sanctionné d’une peine de 3 ans d’emprisonnement avec 45.000 Euros d’amende, si le mineur a plus de 15 ans, et de 7 ans d’emprisonnement avec 100.000 Euros d’amende, si le mineur a moinsde 15 ans.

Quelles sont les sanctions prévues pour la pornographie mettant en scène des enfants ? La loi du 04 mars 2002 relative à l’autorité parentale a également permis de renforcer les sanctions sur ce point :

  • La diffusion de toutes photos à caractère pornographique impliquant des enfants est sanctionnée d’une peine d’emprisonnement de 5 ans,si le mineur a plus de 15 ans, ou d’une peine de 7 ans, si le mineur a moins de 15 ans.
  • Le fait même de détenir une image pornographique mettant en scène un enfant est punissable de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 Euros d’amende.
  • Les peines sont de 5 ans d’emprisonnement et 75.000 Euros d’amende quand le mineur a été mis en contact avec l’auteur des faits grâce à l’utilisation, pour la diffusion de messages à destination d’un public non déterminé, d’un réseau de communication.

Tous les pays ont-ils signé la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ? Non. La Somalie n’a ni signé, ni ratifié cette Convention et les USA l’ont signé mais pas ratifié.

Quelles sont les compétences demandées pour travailler avec des enfants prostitués ? Il y a différents types de profils dans les ONG : travailleurs sociaux, éducateurs, psychologues, médecins, infirmiers, instituteurs, religieux… Tout dépend du type de structure, de ses objectifs et surtout de ses ressources financières.

Y a-t-il corrélation entre taux de natalité élevé et prostitution enfantine ? On ne peut pas parler de corrélation au sens statistique du terme, toutefois, il semble évident qu’un enfant issu d’une famille nombreuse ne disposant pas des ressources financières suffisantes pour assurer à chacun un niveau de vie minimum est d’autant plus vulnérable : en 2002, 50% de la population mondiale est mineure.

Combien y a-t-il d’enfants prostitués dans le monde ? Les chiffres dont nous disposons datent de 2002/2003. Selon qu’elles émanent des ONG ou des autorités locales, les estimations varient (près de 3 millions).Selon l’Unicef, 1.000.000 d’enfants entreraient chaque année sur le marché de la prostitution. Ils sont l’objet d’un commerce qui rapporte des milliards. Quoiqu’il en soit, les statistiques ne peuvent être le critère à partir duquel on décide que dans tel ou tel pays la prostitution des enfants est ou n’est pas un problème. L’exploitation sexuelle et commerciale des enfants est un problème trop grave pour que l’on accepte un seuil de tolérance la concernant.

Quels sont les pays touchés par la Prostitution des Enfants ? La Prostitution des Enfants touche de nombreux pays, en Asie, en Afrique, en Amérique Latine et depuis quelques années certains pays de l’Est Européen après l’explosion des systèmes pro-soviétiques. La France n’est pas épargnée. Des mineurs en conflit ou en rupture totale avec leurs familles, parfois très jeunes, ont recours à la prostitution. De plus, des mineurs en errance,clandestins, souvent en provenance d’Europe de l’Est, voire d’Afrique, sont des cibles privilégiées pour les réseaux de prostitution.

Quelles sont les causes de la prostitution des enfants ? La grande pauvreté des pays du Tiers Monde, l’accroissement des inégalités à l’échelle planétaire, les guerres, les exodes de population sont des facteurs de développement de la Prostitution des Enfants. La vente et le trafic d’enfants sont aussi liés aux questions de migrations illégales. Enfin, il ne faut pas oublier les clients qui ont un rôle de premier plan dans le développement de la prostitution des enfants ainsi que les proxénètes qui organisent le commerce d’enfants avec d’énormes bénéfices financiers.

Qui sont les enfants prostitués ? En majorité originaires des pays pauvres, ils sont volés à leur famille, ou achetés à bas prix contre la promesse d’un travail, pour la plupart violés et contraints à se prostituer.Les enfants des rues sont aussi des proies faciles pour les pédocriminels, pourvoyeurs d’enfants pour les réseaux pédophiles. Presque toujours ces enfants échappent aux contrôles des services sociaux et sanitaires. Profondément traumatisés psychologiquement, ils présentent des troubles du comportement liés, entre autres, à une toxicomanie par solvants. Nombre d’entre eux parmi les plus jeunes sont devenus séropositifs et meurent en silence du sida, ils peuvent disparaître sans laisser de trace.

Qui sont les clients ? L’essor du tourisme sexuel fait converger vers les pays du Sud, exotiques, des pédophiles du monde entier pour des voyages bien organisés : hôtel avec enfant compris. Certains touristes ordinaires – qui ne sont pas pédophile, mais plus nombreux que ces derniers – cèdent à l’exotisme, loin des contraintes éthiques et sociales de leur pays. Ils s’offrent des enfants et se donnent bonne conscience par quelques »cadeaux » censés adoucir la dure vie des enfants.

Comment agir ici, contre la Prostitution des Enfants ?

  • Réduire le gouffre économique entre les pays du Nord et les pays du Sud.
  • Exiger de l’Etat qu’il se donne les moyens de démanteler les réseaux pédophiles et d’appliquer la loi d’extraterritorialité qui permet de juger en France tout individu coupable d’abus sexuels sur des enfants à l’étranger. Les peines encourues étant : 10 ans de prison et 150 000 euros d’amendes (1.000.000 francs).
  • Faire appliquer la Convention Internationale des Droits de l’Enfant et aider à la ratification de toute Convention condamnant l’exploitation sexuelle des enfants.
  • Prévenir et informer les jeunes pour qu’ils ne deviennent ni prostitués ni prostituants.
  • Soutenir les foyers d’enfants des rues qui les accueillent et les préparent à un autre avenir.

Comment les sites Internet ou les agences de voyages qui proposeraient des voyages sexuels sont-ils découverts ?

Concernant les sites Internet de pornographie enfantine, il existe des hot-lines et des ONG spécialisées qui font de la veille sur Internet pour identifier ces sites contrevenants. C’est un travail constant, Internet est quasiment incontrôlable. Les agences qui proposent des voyages sexuels sont découvertes quand des publicités laissent supposer que le voyage proposé peut être agrémenté de services sexuels avec des enfants. Si on nous les signale, nous pouvons nous renseigner de façon plus approfondie et lancer les poursuites qui s’avéreraient nécessaires. Toutefois, il s’agit là de cas rarissimes. Des signalements peuvent aussi être faits par des touristes au retour d’un voyage. Depuis quelques années les professionnels du tourisme se sont engagés à ne pas cautionner le tourisme sexuel en adoptant une charte et un code des agents de voyages. C’est le sens de notre action auprès des étudiants en tourisme et hôtellerie, que nous appelons chaque année à signer une déclaration dans laquelle ils s’engagent à participer, dans le cadre de leur future profession, à la protection des enfants contre toute forme d’exploitation sexuelle.