L’ACPE interviewé par LCI !

Prostitution des ados : « A quand une étude d’envergure sur le sujet ? »

CRI D’ALARME – L’association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE) se positionne en faveur d’une meilleure mise en place de l’éducation à la sexualité. Et auprès de LCI, réclame une étude officielle et d’envergure afin de mieux cerner le phénomène de la prostitution des mineurs, notamment au collège et au lycée.

C’est un appel lancé comme une bouteille à la mer. L’association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE) a pris part au rapport du Défenseur des droits paru ce lundi 20 novembre 2017, au sujet de la prostitution des personnes mineures. Et réclame, auprès de LCI, qu’une étude digne de ce nom soit menée sur le sujet.

« Obtenir des chiffres fiables sur la question de la prostitution infantile est un enjeu important pour notre association » nous explique ainsi Arthur Melon, responsable plaidoyer de l’ACPE. « Cela nous permettrait de mieux connaître l’ampleur du problème pour mieux le circonscrire. » Et pour cause, les dernières estimations en la matière datent de 2014. À l’époque, des « sources officieuses » issues des remontées sur le terrain situaient entre 5000 et 8000 le nombre d’enfants se prostituant.

De plus en plus de remontées de la part des professionnels sur le terrain

« L’absence de chiffres participe d’un gros déni sur le sujet », déplore encore le responsable, en appelant cette fois-ci aux ministères de l’Education nationale, de la Santé, de la Justice, de l’Intérieur, ainsi qu’au Secrétariat d’Etat chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes. Car si les remontées de terrain existent, c’est une démarche transversale, « à l’échelle nationale ou au moins régionale », qui permettrait d’y voir plus clair. Arthur Melon ajoute : « Pour les professionnels de terrain, ce n’est pas un phénomène nouveau. En fait, de plus en plus de cas sont repérés et remontés aux associations pour demander de l’aide. »

Du côté des personnels de direction des établissements, on verrait également d’un bon oeil une étude menée sur le sujet. C’est en tout cas ce que confie Lydia Advenier, proviseure à Lyon et membre du syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN). « Des données objectives ne pourraient pas nuire au débat » dit-elle à LCI. « Ces chiffres, on les connaît par inadvertance, lorsqu’un cas se présente à nous. » Mais elle prévient déjà : « Si une étude était menée, elle montrerait forcément des chiffres en-deçà de la réalité : on peut penser que beaucoup de jeunes concernés ne souhaiteraient pas en parler… »

L’éducation à la sexualité à la rescousse

Pour savoir si une telle étude d’envergure est déjà dans les tuyaux ou non, nous avons sollicité plusieurs ministères. Celui de l’Education nationale nous a précisé qu’il n »y avait « pas d’étude en cours » de son côté. Quant au ministère de la Santé, il nous indique que ce sujet « va être intégré aux actions de lutte contre les violences faites aux enfants, avec la constitution d’un groupe de travail qui va se mettre en place en janvier 2018 ». Le Secrétariat d’Etat chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, enfin, n’est pas revenu vers nous.

Mais en attendant des chiffres plus officiels, l’association ACPE a déjà une solution dans sa besace. Elle prône auprès du Défenseur des droits une meilleure mise en place de l’éducation à la sexualité à l’école. Et écrit ainsi : « Il est important de parler avec eux [les adolescents] de leur image corporelle, de resituer la norme corporelle par rapport à ce qui est véhiculé dans les médias, de parler du sentiment de dépréciation qu’ils peuvent ressentir, de parler de leur propre valeur et de la manière de considérer son corps et le corps de l’autre avec respect. (…) Ainsi, l’éducation à la sexualité est fondamentale pour la construction d’une santé sexuelle et d’un bien-être identitaire, personnel et affectif solide pour l’adolesent. »

Reste que l’éducation sexuelle, dans les établissements où elle est sensée s’appliquer, demeure insuffisante selon l’association. « C’est un champ désinvesti par l’Education nationale » constate Arthur Melon. « Trois séances par an sont recommandées de la maternelle au lycée, et c’est loin d’être le cas dans les faits ». Mais constat du côté du Défenseur des droits, qui explique dans son rapport que la mise en oeuvre de ces cours « n’est pas à la hauteur des textes en vigueur ».

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