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Mardi 12 mai 2026, un septuagénaire et les parents de la victime présumée seront jugés par le Tribunal correctionnel de Paris pour des faits d’agression sexuelle et de complicité d’agression sexuelle

Les parents de la jeune fille sont accusés d’avoir contribué à l’agression sexuelle de leur fille mineure par un “ami de la famille”, ancien ingénieur informaticien, âgé de 71 ans au moment des faits.


Ils se seraient rencontrés en 2015 alors que la mère faisait la manche avec une photo de sa fille. Les accusés décrivent un simple “attachement familial” mutuel, M. F les auraient simplement aidé du fait de leur situation de précarité sans contrepartie. Les investigations financières font état de plus de 500 000 euros versés au profit de la famille, alors même que M. F a vendu ses biens et contracté des dettes parallèlement. Les autorités roumaines, collaborant à l’enquête, ont pu constater que le couple était propriétaire de plusieurs comptes bancaires, ainsi que de trois immeubles et deux terrains constructibles en Roumanie, aucune ressource licite ne permettant de justifier le financement de ces acquisitions.


Le 19 février 2023, les parents, accompagnés de leurs enfants et de M. F, se rendent au cinéma. Ce dernier adopte des gestes déplacés, embrassant la victime et lui touchant des zones intimes, sans que les parents de la jeune fille ne s’y opposent. Le directeur, alerté par le comportement de ce dernier à l’égard de la mineure, fait intervenir les forces de l’ordre.


Le réceptionniste de l’hôtel, où le groupe avait séjourné quelques jours auparavant, indiquait qu’initialement ils s’étaient tous rendus dans la chambre de M. F, celui-ci avait ensuite loué deux chambres supplémentaires, une pour les enfants, une pour les adultes, en demandant spécifiquement à ce qu’elles soient au même étage que la sienne.


Lors de l’exploitation du téléphone de l’auteur présumé des violences sexuelles, les enquêteurs ont constaté l’existence de nombreux messages échangés avec la famille, avec des photos de la jeune victime, âgée de 12 ans, posant maquillée et de manière suggestive, pour remercier celui qu’elle appelle “son grand-père français”, des cadeaux qu’il lui aurait offerts, notamment à l’occasion de la Saint Valentin. Dans les échanges ce dernier s’adresse à elle en l’appelant “mon amour”.


Les investigations ont également mis en lumière un attrait pour les jeunes mineures suite à la découverte des abonnements de son compte tiktok et de son historique de recherche sur les sites pornographiques.



Notre analyse :


L’ACPE s’est constituée partie civile dans la présente affaire, au regard du très jeune âge de la victime et de la particulière gravité des faits qui lui ont été infligés. Faits qui relèvent de la traite des êtres humains, qualification pourtant écartée, créant, par cet abandon, un angle mort majeur dans ce dossier.


Une exploitation construite, financée, et organisée


Que recouvrent les faits, lorsqu'on les examine non pas isolément, mais dans leur globalité et leur continuité ? Une famille en situation de vulnérabilité économique avérée. Un prévenu fortuné, qui s'est engouffré dans cette précarité comme dans une brèche. Des centaines de milliers d'euros versés, des voyages financés, sans que les parents ne s'interrogent, publiquement du moins, sur ce qui était attendu en retour. Et au bout de cette relation tarifée : une enfant de dix ans, exposée, photographiée, abusée.


La vulnérabilité économique de cette famille n'est pas un détail de contexte. Elle est le levier sur lequel le prévenu a délibérément appuyé pour obtenir ce qu'il cherchait. L'argent n'a pas circulé par générosité : il a circulé parce qu'il ouvrait un accès : un accès à cette enfant.


L'instrumentalisation d'une famille entière


Cette exploitation n'a pas seulement été subie, elle a été facilitée de l'intérieur. Les parents de cette enfant, qui auraient dû être ses premiers protecteurs, se sont rendus complices des agressions qu'elle a subies. Ils n'ont pas seulement failli à leur devoir de protection : ils ont activement participé à l'exposition de leur fille pour en tirer profit.


C'est précisément ce mécanisme que la traite des êtres humains entend appréhender, l'instrumentalisation de personnes vulnérables, ici une famille fragilisée par la précarité, aux fins d'exploitation sexuelle d'un enfant. Le prévenu n'a pas agi seul : il a acheté des complicités, il a corrompu une cellule familiale, il a fait des parents des auxiliaires de ses crimes, parents qui se sont sciemment enrichis sur l’exploitation sexuelle de leur fille.


Sur le champ des poursuites : une réalité tronquée


La Cour n'est saisie que des faits du 19 février 2023. Or les investigations ont révélé une relation malsaine s'étalant sur plusieurs années. C'est précisément cette durée qui vient ancrer le phénomène de traite : non pas un acte de violence isolé, mais une emprise progressive, entretenue dans le temps, construite sur une dépendance économique savamment cultivée.


Cantonner les débats à une date unique, c'est effacer la dimension systémique de ce qui a été infligé à cette enfant. C'est réduire à un instant ce qui s'apparente à un processus d'exploitation long et organisé.




Sur le profil du prévenu : une attirance assumée, un passage à l'acte délibéré


Les recherches à caractère pornographique identifiées sur les supports du mis en cause viennent compléter et confirmer ce tableau. Elles révèlent des tendances explicitement violentes et une appétence marquée pour la mise en scène sexuelle de mineurs. Ces éléments ne sont pas anodins : ils attestent que le prévenu n'a pas agi par impulsion ou par accident. Ils dessinent le profil d'un homme qui cherchait, qui a trouvé, et qui a payé pour accéder à une enfant, en exploitant méthodiquement la détresse d'une famille.

   

    

L'ACPE déplore profondément que la qualification de traite des êtres humains ait été écartée dans cette affaire, aussi bien concernant l’auteur présumé des violences sexuelles que les parents de la victime. Tous les éléments constitutifs étaient pourtant réunis : la vulnérabilité de la victime, notamment dû à son âge, l'exploitation de cette vulnérabilité à des fins sexuelles, favorisée par ses ascendants, avec une contrepartie financière.


Son abandon prive cette enfant d'une reconnaissance pleine et entière de ce qu'elle a vécu, non pas un geste maladroit ou culturel, non pas un fait isolé, mais une exploitation organisée, achetée, et entretenue.


L'ACPE appelle à mesurer la pleine gravité de ces faits et y apporter une réponse pénale à la hauteur du préjudice subi par cette enfant.



L’association sera représentée par Me Kathleen TAIEB et Me Célia BEGUE dans le cadre de leur partenariat avec l’Alliance des Avocats pour les Droits de l'Homme (AADH).


Contacts presse :


ACPE : 01 40 26 91 51 - juridique@acpe-asso.org - rp@acpe-asso.org

Me Kathleen TAIEB - kt@ktavocats.com

Me Célia BEGUE - ad@ktavocats.com - 06.23.21.58.17 


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