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Un père de famille d'accueil comparaît devant le Tribunal Correctionnel de Tours pour des faits d’atteintes sexuelles et de corruption de mineurs sur des jeunes filles placées dans sa famille

Ce jeudi 5 février 2026, un ancien maire d’Indre-et-Loire comparaîtra devant le Tribunal Correctionnel de Tours, pour des faits de corruption de mineures et d’atteintes sexuelles sur trois mineures âgées de 14 à 18 ans au moment des faits. Une autre jeune fille, âgée de 11 ans au moment des faits, a été identifiée et comparaîtra en qualité de témoin, les faits dont elle est présumée victime sont prescrits et ils ne pourront donc pas être jugés.


Le prévenu, marié avec une assistante familiale, accueillait chez lui des enfants et adolescents pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). Au total, cinq de ces mineures ont relaté des faits d’agressions sexuelles, des violences aggravées et même de viols aggravés commis par cet homme, figure paternelle de leur famille d’accueil entre 1997 et 2021.


Des éléments analogues sur le mode opératoire du prévenu ressortaient du témoignage des jeunes filles, alors qu’aucune concertation entre elles n’avait été établie au préalable.


En effet, il serait rentré dans la salle de bain alors qu’elles prenaient leur douche et en aurait profité pour toucher leurs parties intimes. Elles auraient été victimes, à plusieurs reprises, de gestes déplacés et de propos inappropriés. Le prévenu aurait fait des remarques sur le développement de leur corps, il les aurait notamment questionnés sur leur vie sexuelle, et leur aurait demandé si elles souhaitaient avoir des rapports sexuels avec lui. 


Il est accusé par deux des jeunes filles de viol avec les circonstances aggravantes dues à leur minorité et à la position du prévenu dans la famille, détenant une autorité de fait. Elles relatent toutes les deux des actes de pénétrations digitales par leur père d'accueil. Toutefois, faute de preuves matérielles, les faits de viols sur mineur n’ont pas été retenus, le prévenu comparaîtra donc devant le Tribunal Correctionnel de Tours pour les infractions d’atteintes sexuelles et de corruption de mineures.


Notre analyse : 


L’ACPE, s’est constituée partie civile dans cette affaire dans la continuité de sa lutte contre les violences sexuelles. Les infractions sexuelles commises à l’encontre de ces jeunes mineures dans le cadre de leur placement en famille d'accueil sont particulièrement graves et illustrent les défaillances de ce système supposé protéger ces mineur.e.s déjà vulnérables.


L’épouse du mis en cause était pourtant une assistante familiale, agréée par le Conseil départemental pour accueillir des enfants afin qu’ils grandissent dans un environnement sécurisé et stable. Le prévenu, ancien Maire de sa commune, était très respecté par ses pairs et par les jeunes mineurs qui le considéraient comme une figure paternelle. Cet individu aurait donc profité de la profession de son épouse et de son rôle de père d’accueil pour abuser de la situation de vulnérabilité des jeunes filles.


Au vu des faits relatés par les victimes, l’infraction de viol avec circonstance aggravante aurait dû être retenue. L’ACPE déplore la requalification des faits, qui signifie que le prévenu ne sera pas jugé devant la Cour criminelle départementale mais au cours d’une audience classique devant le tribunal correctionnel. En conséquent, les peines encourues seront largement amoindries (jusqu’à 7 ans d’emprisonnement contre 20 ans de réclusion criminelle en cas de viol) et les modalités d’audience ne seront pas à la hauteur de la gravité des faits et du contexte de commission des infractions. 

Ces correctionnalisations contribuent à une banalisation des violences sexuelles et à un sentiment d’impunité des auteurs. 


Cette audience pourrait être particulièrement lourde pour les victimes, le mis en cause a toujours nié les faits et accusé les jeunes mineures de s’être concertées pour fomenter un complot à son encontre. Leur parole a été largement remise en question au cours de la procédure, bien que les enquêteurs aient souligné le mode opératoire commun et le fait que les victimes ne se connaissaient pas nécessairement, n'ayant pas toutes été accueillies sur les mêmes périodes. Elles ont également dû subir des confrontations avec l’auteur des faits dans le cadre de l’enquête. 

L’ACPE alerte sur la victimisation secondaire que subissent encore trop de femmes au cours des procédures judiciaires relatives aux violences sexuelles. Une fois de plus, la parole des victimes est mise en doute et leurs vulnérabilités se retrouvent instrumentalisées à leur détriment. L’association appelle également à une sensibilisation accrue de l’ensemble des parties prenantes, afin de garantir le respect dû aux victimes présumées tout au long de l’enquête, ainsi que dans le cadre de l’exercice d’une défense menée avec dignité et responsabilité.


L’ACPE sera représentée par Me Vincent FILLOLA et Me Oïhana DA ROCHA du cabinet Chango Avocats dans le cadre de leur partenariat avec l’Alliance des Avocats pour les Droits de l'Homme (AADH). 


Contacts presse :


Me Vincent FILLOLA - vf@chango-avocats.com

Me Oïhana DA ROCHA - odr@chango-avocats.com

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