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Procès J. LE SCOUARNEC : l'anatomie du silence

La Cour Criminelle du Morbihan a condamné le pédocriminel et ancien chirurgien, Joël LE SCOUARNEC, à la peine maximale, soit 20 ans de réclusion criminelle pour viols et agressions sexuelles sur 299 victimes, la plupart mineures au moment des faits.

Un verdict sans surprise, mais qui ne sera pas le dernier pour cet homme dont toutes les victimes n’ont pas encore pu être identifiées. Un verdict qui laisse, néanmoins, un goût amer, celui du trop peu, de la faiblesse de l’arsenal législatif ne permettant pas une sanction à la hauteur de ce procès historique, et celui du silence des autres acteurs de ce procès.

« ”Je ne me souviens plus” aura probablement été la phrase la plus entendue devant votre Cour. » ¹


Un oubli traumatique pour les victimes, un oubli déshumanisant de l’accusé, un oubli choisi d’une famille, un oubli déresponsabilisant des institutions, un oubli collectif. L’oubli qui a scellé les silences, les silences qui ont fabriqué le ciment de décennies de prédation sexuelle et qui ont permis près de 30 années d’impunité et la perpétuation d’innombrables souffrances.


A cette place du témoin muet, on retrouve, tout d’abord, la femme du chiurgien, Marie-France LE SCOUARNEC. Selon l’association Face à L’inceste, ce mutisme ne serait pas étonnant, « 94% des mères se taisent ». Elle n’est pas poursuivie pour non-dénonciation de crime, pas plus pour complicité. Mais l’on peut s’interroger sur la place à donner à « cette complicité morale ou affective, cette complicité passive »², dont le silence brisé aurait permis d’épargner des centaines de victimes. Le silence de la justice à son égard n'est-il pas la caution de tous les silences ?


Ce statut juridique de « témoin », pour celle qui a su et n’a rien dit, est une violence supplémentaire pour les victimes dont les faits sont prescrits. « La victime d’un fait prescrit n’est pas un témoin comme les autres c’est l’incarnation d’une vérité impunie. » mais pourtant, elles partagent ce même statut ; elles sont témoins devant le tribunal. 


Un statut qui ne leur permet pas d’être considérées réellement comme des victimes, qui les empêche d’être parties civiles, d’avoir accès aux éléments d’enquête, de compréhension, de réponse. Les « victimes prescrites ne sont pas, ici, des simples spectateurs mais les héros tragiques d’un drame qu’on n’a pas voulu voir » .

Leurs voix seront-elles suffisantes à la Justice pour engager des réformes ? Des réformes, qui, si elles ne permettent pas la poursuite des faits, permettraient un nouveau statut procédural plus digne pour ces victimes. Un statut qui ne les tiendrait pas à l’écart dans leur souffrance, qui leur permettrait, aux mêmes titres que les autres victimes, d’accéder à la vérité, à leurs vérités, car « la douleur, elle, ne se prescrit pas. ».³


Mais ce n’est pas seulement un huis clos familial qui a scellé le destin de centaines de victimes, c’est aussi le silence, l’inaction des institutions sanitaires.


Ce n’est pas anodin d’être confronté à la pédocriminalité, et pourtant, aucune des personnes entendues au titre de leur statut professionnel ne se souvient de ces courriers, de ces accusations, qu’elles auraient eu à traiter, visant J. LE SCOUARNEC. Noyés dans la masse, pas de leur ressort, pas en charge du dossier ou pas de souvenir de ces éléments… Qu’est-ce que cela dit des protagonistes de cette affaire : simple tentative de fuir des responsabilités trop pénibles à endosser ou banalisation des violences sexuelles au point que cela n’ait marqué personne ? 


« Une autre époque » dit-on parfois à la Cour, une époque où la lutte contre les violences sexuelles n’était manifestement pas une priorité. Cette époque est-elle vraiment révolue, lorsque l’on constate qu’il y a seulement quelques mois de cela, un interne, condamné pour des violences sexuelles, était affecté au CHU de Toulouse ? Sa suspension n’est due qu’à une mobilisation massive du personnel. Sans cette pression sur les institutions à quoi aura-t-on abouti ?


C’est en refusant de voir, en refusant d’endosser ses responsabilités que rien ne se passe. « On ne s’immisce pas dans les affaires intérieures de l’hôpital, les affaires doivent arriver au Conseil » dira lors de son audition, Joël BELLOCQ, à l’époque, Président du Conseil de l’Ordre des Médecin en région. Mais les violences sexuelles, d’autant plus dans un cadre de vulnérabilité, sont les affaires de toutes et tous.


Si c’est la responsabilité judiciaire de Joël LE SCOUARNEC qui est en cause ici, moralement, ce n’est pas seulement à lui de répondre de ces actes ; c’est également à son entourage familial, professionnel, aux institutions médicales, à l’Etat, à la société tout entière, qui, de par ses silences collectifs, n’a pas stoppé l’innommable. Mais la responsabilité collective ne peut débuter que par l’acceptation de sa responsabilité individuelle.


« Il faut que nous, institutions, regardions les choses en face, que nous en tirions les conséquences pour que cela ne se reproduise pas. Mais pour cela, nous devons déjà mettre un genou à terre. » 


On ne peut défaire ce qui a été fait, mais fuir le reflet de ces échecs, c’est risquer d’en créer de nouveaux, c’est s’empêcher de construire le futur, un futur plus sécurisant, plus responsabilisant pour chacun.

« La mémoire c’est ce qui ramène au réel, au passé, ce qui permet de construire le futur. » 

Les victimes, elles, ne pourront jamais choisir l’oubli :

« Parmi elles, […] il y a celles et ceux qui se souviennent de tout, qui sont hantés depuis des dizaines d’années par le visage de Joël LE SCOUARNEC et pour qui, la révélation a été une libération.

Il y a celles et ceux qui ont souvenir de gestes déplacés ou dont la mémoire s’est réveillée à la lecture des faits qui les concernent, piégés dans les journaux intimes du chirurgien pédocriminel.

Et il y a les autres, plus nombreux, qui ne se souviennent de rien, ou de presque rien, et pour qui l’annonce des faits a provoqué un effondrement ou, pour certains, a permis de comprendre rétrospectivement leur parcours de vie et tant d’années de souffrance.

L’absence de souvenir ne signifie pas absence de traumatisme. » Mais le jeune âge des victimes, la soumission chimique, le flou médical, la honte, le psycho-traumatisme sont autant de causes dont a profité sciemment l’auteur de ces crimes pour voler leur mémoire, tout en inscrivant au « fer rouge » une souffrance sans nom dans leur corps.


Lui-même ne se souvient pas de leurs visages, seulement des sexes. Mais si « le défaut de mémoire ne s’est pas imposé seulement à l’accusé, à sa différence, les victimes, elles, ne pourront plus jamais dire “je ne me souviens plus” ». 


J. LE SCOUARNEC, dans sa dernière audition, a dit « Je sais ce que je suis maintenant. ».

Et nous, citoyens, saurons-nous quoi faire maintenant ? 


Contacts presse : 

Armelle LE BIGOT-MACAUX, Présidente de l’ACPE : 06 08 58 84 55

Me Oïhana DA ROCHA, Avocate à la Cour : 06 47 09 26 06 www.chango-avocats.com


¹ Extrait plaidoirie Maître DA ROCHA, ACPE

² Extrait plaidoirie Maître Laure BOUTRON-MARMION, association Face à l’inceste

³ Extrait plaidoirie Maître Nathalie BUCQUET, association Innocence en danger 

⁴ Extrait plaidoirie avocate du Conseil de l’Ordre National des Médecins

⁵ Extrait plaidoirie Maître DA ROCHA, ACPE

⁶ Extrait plaidoirie Maître DA ROCHA, ACPE


130 commentaires


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